Simples berlines, modèles sportifs ou mécaniques improbables, il est des voitures sans lesquelles certains films n’auraient sans doute pas connu le même succès.
Prenez la DeLorean de Retour vers le Futur : sans elle, les noms de “Doc” et de Marty Mc Fly ne vous diraient peut-être pas grand-chose. Idem pour l’Aston Martin de James Bond. Avouez qu’un espion à pied, aussi élégant soit-il, c’est tout de même moins vendeur que s’il est au volant d’un magnifique coupé !
Incarnation d’une époque ou révélatrices de la personnalité du héros, ces voitures sont des personnages à part entière, et toutes ont fortement marqué notre imaginaire.
Histoire de raviver vos meilleurs souvenirs, Atelier CVDC vous propose aujourd’hui un zoom sur cinq voitures-stars du grand (et du petit !) écran.
La DeLorean DMC-12 : du rêve de l’ingénieur à la voiture culte d’une génération
À l’origine d’une des voitures les plus emblématiques du cinéma, la lubie d’un ingénieur un peu extravagant. John DeLorean, ancien cadre chez General Motors, rêvait d’une voiture « révolutionnaire » et s’était mis en tête de la créer de toute pièce.
Un objectif atteint avec la DeLorean DMC-12, une voiture au design pour le moins anguleux, et digne de l’esthétique d’un coupé futuriste…

Avec sa carrosserie en acier inoxydable (non peint !) et bien sûr ses fameuses portes « papillon », à ouverture vers le haut, la DMC-12 avait vraiment tout pour se distinguer des véhicules classiques.
Hélas, côté finitions, l’engin laissait beaucoup à désirer.
Tout comme les « performances » côté moteur, pas vraiment dignes d’une « super car ». Sous le capot, la DMC-12 embarquait un V6 PRV de 2,85 litres, développant 130 chevaux. Sur le papier, la proposition tenait la route. Mais en pratique, le poids conséquent du véhicule (près de 1,3 tonne, tout de même !) et la mise au point « hasardeuse » limitaient considérablement ses possibilités. La preuve : avec 170 km/h en vitesse de pointe, on était bien loin du bolide que son design laissait imaginer.
Résultat : moins de 9 000 exemplaires sortis des usines (entre 1981 et 1983). Autant dire que d’un point de vue strictement commercial, la DeLorean fut un réel fiasco.
Et si elle est au bout du compte devenue une icône, c’est plutôt grâce à Robert Zemeckis.
Incarnant la « machine à voyager dans le temps » mise au point par le Dr Emmett Brown (« Doc ») dans la trilogie Retour vers le Futur, cette voiture a finalement fait rêver des millions de spectateurs.
Aujourd’hui encore, c’est bel et bien une voiture culte pour toute une génération : cinéphiles, fans de pop culture ou collectionneurs automobiles, nombreux sont ceux qui rêvent d’en dénicher une. Sans doute son esthétique “particulière” et son histoire étonnante ne sont-elles pas étrangères à ce succès durable. Toujours est-il que quand on détient une DeLorean DMC-12, on peut se dire qu’on a un vrai trésor dans son garage !

La Mustang GT 390 Fastback, l’autre mythe du film Bullitt
Si je vous dis : San Francisco, 1968. Et que j’ajoute : Bullitt. Quelle image vous vient tout de suite à l’esprit ? Que vous soyez ou non amateur d’automobile, c’est forcément la Mustang GT 390, pilotée de main de maître par l’immense Steve Mc Queen.
Et surtout une séquence phare du film, avec la Fastback lancée à toute allure dans les rues pentues de la ville. Pas d’effets spéciaux, pas de musique. Juste le crissement des pneus, le grondement rauque du V8 Ford et quelques minutes gorgées d’adrénaline !
Des images qui, mine de rien, ont révolutionné la façon de filmer les voitures. Fini les plans fixes et les trucages grossiers pour les poursuites automobiles : dans Bullitt, les caméras sont installées directement dans les véhicules. On comprend mieux l’impression de vitesse qui vous cloue au fauteuil pendant les 10 minutes que dure la course poursuite !
La Ford Mustang de 1968, voiture d’un nouveau genre
Lancée en 1964, la Ford Mustang est, aux dires de certains spécialistes, la première du genre « pony car ». Compacte, sportive, plutôt accessible côté prix, elle visait une clientèle plus jeune que celle des berlines traditionnelles ou des « muscle cars ».
La ligne est tendue, presque agressive. Comme une vraie Américaine, la voiture est lourde, mais puissante. Et à l’instar de la plupart des modèles U.S., elle présente aussi quelques imperfections « classiques », à savoir : des suspensions très (voire trop) souples et un freinage un rien aléatoire…
La GT 390 Fastback, côté coulisses
Pour Bullitt, deux exemplaires de Mustang GT 390 Fastback avaient été préparés par Max Bachlchowsky, mécanicien bien connu pour ses voitures de course. Histoire de mieux encaisser les cascades, ces deux voitures bénéficiaient d’une suspension renforcée, de freins adaptés et d’un moteur légèrement gonflé.
À noter : pour accentuer encore le côté « brut » de la Fastback, les modèles qui figurent dans le film ne présentent aucune fioriture. Pas de logo, pas de chrome en excès : la carrosserie vert sombre est tout sauf tape-à-l’œil.
Et pourtant, tous ceux qui l’ont vue se souviennent forcément de LA Mustang de Bullitt.
Preuve s’il en est qu’il s’agit bien d’une voiture mythique !

L’Aston Martin DB5 : quand « Goldfinger » forge un mythe
S’il est une voiture qui incarne à la perfection un savoureux mélange de luxe et de l’action, c’est bien l’Aston Martin DB5 de James Bond. Bien plus qu’un simple véhicule, c’est pour 007 une vraie complice, avec qui il forme un duo aussi chic qu’efficace.
Une voiture d’exception, à l’écran comme sur la route
Spécialement préparée pour permettre à « l’espion de Sa Majesté » de mener à bien ses périlleuses missions, la DB5 dans sa version septième Art est dotée de multiples gadgets :
- des plaques d’immatriculation rotatives,
- un siège éjectable pour le passager,
- des diffuseurs de fumée et de liquide glissant pour mieux semer l’adversaire
- un bouclier pare-balles…
Bien sûr, les versions vendues au commun des mortels ne disposaient pas de tout cet arsenal.
Pourtant, même en version « commerciale », la DB5 est un vrai chef-d’œuvre. Héritière de la DB4, elle en reprend l’élégance, mais avec un zeste de puissance en plus. C’est notamment le cas de la version « Vantage », dont le six cylindres en ligne (4 litres) peut développer jusqu’à 325 chevaux…
De l’élégance, disions-nous… Et même de la distinction côté carrosserie. Parce qu’avec son long capot, son profil fluide et sa poupe légèrement arrondie, l’Aston Martin DB5 est une leçon de style à elle seule !
Une star récurrente de la saga James Bond
La DB5, ce n’est pas seulement Goldfinger. On la retrouve dans plusieurs opus de la saga (Opération Tonnerre, Golden Eye, Casino Royale, Skyfall, et même, plus récemment Mourir peut attendre…). Symbole de la continuité du personnage de Bond, elle tisse un lien entre les époques et les acteurs, comme une figure centrale de l’histoire.
Une vraie rareté au cinéma !Et l’atelier a eu la chance de restaurer une Aston Marin DB6 de Superleggera

Une héroïne qui cache bien son jeu : la Mini Cooper du film Braquage à l’Italienne
Au départ, la Mini n’avait rien d’une icône. Pour ses concepteurs, cette petite voiture devait avant tout être économique et pratique. Mais dans les années 60, une version vitaminée signée par le fameux préparateur John Cooper a complètement changé la donne. Au point de transformer la petite citadine en star internationale grâce à un film de braquage culte : Braquage à l’Italienne (ou The Italian Job pour les amateurs de V.O.).
La scène se déroule à Turin, fin des années soixante. Trois Mini Cooper – une rouge, une bleue, une blanche – dévalent les marches du Palazzo, filent au travers des arcades et disparaissent dans les égouts, au nez et à la barbe des carabinieri ! Cette séquence hallucinante reste, aujourd’hui encore, l’une des poursuites les plus drôles du cinéma. Tournée en conditions réelles, sans effet spéciaux, elle met en lumière le côté malicieux et « débrouille » d’une voiture d’apparence somme toute modeste.
Ce qu’on voit à l’écran : trois petites Anglaises aussi vives et maniables que des karts, capables de se faufiler partout et assez solides pour résister aux scènes les plus acrobatiques !
Populaire, la Mini roulait déjà dans toutes les rues d’Europe. Mais à n’en pas douter, The Italian Job lui aura offert une aura supplémentaire : celle d’une voiture « ordinaire » capable d’exploits vraiment extraordinaires.

La Ferrari 308 GTS (Magnum, P.I.), vraie « cool car » et symbole des années 80
Bien sûr, il y avait le générique.
Higgins et ses chiens, les palmiers en toile de fond et les chemises à fleurs du héros. Mais Magnum, c’est aussi, et surtout ! une Ferrari rouge, filant le long de la côte, toit Targa grand ouvert.
Pas la plus rapide des Ferrari, mais pour beaucoup une Italienne… irrésistible.
Comment l’expliquer ? Peut-être parce qu’elle incarnait à la perfection l’art de vivre du détective privé…
Une voiture cool, symbole d’une vie facile au soleil d’Hawaï.
Luxueuse tout en restant accessible, sportive mais pas rugueuse, séduisante sans en faire trop : la 308 GTS est devenue « la » Ferrari de rêve pour toute une génération.
Tant et si bien que ce modèle figure parmi les plus recherchés des amateurs de véhicules de collection. Si vous avez déjà eu l’occasion de croiser la route de cette belle Italienne, vous le savez : encore aujourd’hui, une Ferrari 308 GTS conserve l’aura qu’elle avait dans les années 80.
Et quarante ans après la diffusion de la série, il n’est pas rare d’entendre quelqu’un fredonner le générique de Magnum au passage d’une Ferrari ! Comme quoi, malgré le temps qui passe, la magie “Magnum” opère toujours…
De l’écran à l’atelier
Véritables icônes, ces voitures influencent les goûts des collectionneurs et des fans de restauration. Au point qu’on nous demande parfois de retrouver la teinte exacte de la Mustang de Bullitt ou les finitions chromées d’une Aston Martin « à la James Bond ». Des missions passionnantes pour l’équipe Atelier CVDC, spécialisée dans la restauration de véhicules de collection.
Retrouver une peinture d’époque, comprendre les modifications apportées pour les besoins d’un tournage, adapter certains éléments tout en respectant l’esprit d’origine de la voiture : tout ce travail de spécialistes, nous prenons plaisir à le réaliser chaque jour dans notre atelier à Combourg en Ille-et-Vilaine.
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Vous êtes l’heureux propriétaire d’une de ces voitures de collection ? Ou d’un autre petit bijou que vous souhaitez faire restaurer dans les meilleures conditions ?N’hésitez pas à venir nous rencontrer pour évoquer votre projet : nous serons heureux de partager avec vous notre goût des véhicules anciens et des belles restaurations.

